C'est en janvier je crois que j'ai reçu l'invitation à participer à un atelier de théâtre "pour femmes"... l'idée de l'atelier n'étant pas de se retrouver entre féministes aigries mais plutôt de travailler sur les émotions féminines, un peu dans la lignée de femmes qui courent avec les loups de clarissa pinkola-estes. organiser à plusieurs des retrouvailles avec notre instinct féminin par la créativité, on l'occurrence par le théâtre. cet atelier a eu la chance de recevoir 3 fées magiciennes pour organisatrice et accompagnatrices: une chargée de projet d'origine allemande, une metteuse en scène (sisi, ça se dit!) macédonienne et une musicienne serbe. nous nous sommes retrouvées à 8 femmes, toutes d'origines différentes, avec aussi des langues maternelles différentes, animées par l'envie d'ouvrir une nouvelle porte.
au cours des différentes sessions, nous avons expérimenté diverses techniques d'art dramatique, dont la préparation mentale par le souffle et la respiration, le lâcher-prise, la confiance en soi et en l'autre, l'expression introvertie ou extravertie, à faire partie d'un groupe, à ne former qu'un système fonctionnant grâce à tous ses éléments. nous avons aussi travaillé des textes déjà existant et puis nous nous sommes essayés à l'écriture spontanée.
au cours des différentes sessions nous avons beaucoup rit et aussi beaucoup pleuré. nous avons beaucoup parlé, beaucoup partagé. nous nous sommes mises à nue. une énergie fabuleuse et incroyable est née de ce groupe. une énergie qui nous a fait réaliser une présentation, pourtant intimiste, chargée en émotions. une présentation de notre travail à un tout petit public, mais pas des moindres... des proches, très proches... (dont mes poulettes... et leur papa). une présentation presque improvisée, mais pas moins réussie. un sacré défi que celui de monter sur scène et présenter un texte ou encore de clamer à voix haute un texte écrit par soi-même qui n'était pas destiné à être lu par quelqu'un d'autre. les vieux réflexes d'écolier, d'étudiante, sont toujours présents, la peur d'être jugée, d'avoir une mauvaise note et finalement recevoir le plus des cadeaux, des rires, des yeux émus, des paroles douces.
une grande tristesse à la fin de la présentation, celle de se dire que l'aventure est a priori terminée. une grande frustration aussi, celle de se dire que finalement on aurait bien aimé pouvoir présenter ce travail à plus de monde, encore une autre fois, et encore une autre aussi peut-être... présenter ces scènes de femmes à d'autres femmes, à d'autres hommes, à d'autres enfants... se dire que l'on aurait finalement aimé que ses ami(e)s puissent venir voir parce que le spectacle, parce que finalement c'est notre spectacle, valait vraiment la peine d'être vu et partagé.




Merci A., R., N.,
Merci M., A., M., D., S.
Merci les hommes d'avoir été là,
Merci les enfants d'avoir été si sage

et de nous avoir offert un si beau moment après
d'avoir investi la scène pour y former le plus beau des papillons
quand 4 ne forment qu'1
...